Haut Potentiel, surdoué, HPI, zèbre qu’est-ce que ça signifie ?

Photo de zèbre

Les stéréotypes des surdoués ont la vie dure

L’image du Haut Potentiel Intellectuel comme étant l’élève 1er de la classe, le génie un peu fou, ou le type un peu étrange qui donne l’impression de te regarder de haut et qui réussit tout ce qu’il entreprend colle à la peau des surdoués mais est-ce vraiment cela ?

Oui et non. Ce n’est pas si simple.

Il y a bien parfois des cas où cela y ressemble, en tout cas, en surface. Il existe en effet certains surdoués qui vont être 1er de la classe, ou qui auront des idées brillantes et deviendront célèbres ou réussiront ce qu’ils entreprendront.

Mais même dans ce cas, ça ne présume pas ce qui peut se passer en dessous de la surface, et cela ne présume pas non plus de ce qu’ils ont vécu avant d’en arriver là ou de ce qu’ils vivent dans d’autres domaines de vie.

Parfois, dans d’autres cas, la personne HPI pourra aussi être aux antipodes de ce tableau : échec scolaire, auto-sabotages professionnels ou encore Burn-Out à répétition en entreprise.

Et entre les deux il existe toute une palette de profils atypiques différents.

Comme en toute chose, il est important d’ouvrir son esprit aux multiples nuances possibles. Vouloir tout mettre dans une petite case, c’est terriblement restrictif, vous ne trouvez pas ?

Comment reconnaître un zèbre ?

Quelques caractéristiques qui peuvent mettre sur la voie

Je ne prétends pas faire une liste exhaustive des caractéristiques d’une personne à Haut Potentiel intellectuel (HPI). Les éléments que je vais lister ne sont pas forcément tous présents ou saillants chez une même personne, et dépendent aussi du type de haut potentiel et du cumul éventuel avec d’autres atypies. J’ouvre simplement ici une porte à la réflexion. Si vous vous reconnaissez dans de nombreux traits listés ci-dessous, je vous invite à creuser le sujet pour affiner et trouver vos propres réponses. 

Une expérience scolaire difficile

Certains se sont ennuyés à l’école, ce qui leur a paru une perte de temps et ils ont même pu décrocher par ennui. Pour d’autres, solitaires qui ne disaient rien ou rebelles de la classe, ils avaient envie d’aller plus loin, plus vite, plus en profondeur dans les choses et n’ont pas forcément trouvé matière à satisfaction, pas suffisamment de réponse intéressante à leurs questions très nombreuses et potentiellement dérangeantes. D’autres ont pu être intimidés ou harcelés : leur façon de réfléchir ne leur a pas permis d’être intégrés par leurs professeurs et/ou leurs camarades de classe. Avec le temps ils se sont soit éteints avec des résultats « passables », soit rebellés à fond, pour essayer de se fondre dans la foule.

Globalement, surtout s’ils n’ont pas été accompagné dans la compréhension de leur différence et dans un environnement leur permettant de se construire une bonne estime de soi, ils ont pu grandir avec un fort sentiment de décalage avec les autres, se sentant « anormaux », « fous », « différents ».

La réflexion en arborescence : une pensée qui se perd parfois en chemin

Dans le cerveau d’une personne HPI la vitesse d’information est plus rapide que dans le cerveau d’une personne neurotypique, elle peut atteindre 3,5 mètres/seconde contre 2 mètres/seconde. Les connexions et les associations sont plus rapides d’une idée à une autre. La vitesse est parfois si rapide qu’elle se joue à un niveau inconscient, si bien que la personne haut potentiel arrive parfois à une conclusion sans pouvoir donner d’explication sur comment elle en est arrivée là, c’est comme une « intuition ». Ou bien elle peut passer d’un sujet à un autre, puis encore un autre, etc… au point de perdre le fil de ce dont elle parlait initialement.

Cela peut conduire à des difficultés de compréhension avec d’autres personnes, amener de la frustration et si la situation est souvent répétée, sans comprendre pourquoi, cela va finalement grignoter l’estime de soi.

Des valeurs morales fortes

Les zèbres détestent l’incohérence, le mensonge, l’injustice ou la méchanceté gratuite. S’ils se retrouvent dans des situations ou des environnements qui en contiennent ils ressentiront un très fort mal-être incluant une perte de repères, la perte de confiance (envers une personne, une entreprise, voire un système entier), et même colère et rébellion.

Ils ont généralement une grande empathie, ce qui, pour eux, accentue encore davantage l’incongruité de ce type de comportements.

L'hypersensibilité (ou hyperexcitabilité)

Un individu HPI ressent davantage les choses, les environnement, les énergies qui se dégagent d’une personne ou d’un lieu. Certains peuvent avoir une hyperesthésie, c’est à dire un ou plusieurs sens extrêmement développé(s). Dans ces cas-là, cela peut parfois causer certaines gênes voire souffrances lorsque les stimulis de ce(s) sens sont trop présents : extrême sensibilité au bruit, à la lumière, au contact de certaines matières, etc…

De ces stimuli ressentis plus fortement que la moyenne, il en ressort davantage de sensibilité et des réactions qui peuvent paraître aux yeux des autres « exagérées » : on dira de lui qu’il est « trop sensible », « trop émotif », « qu’il en fait trop ». 

Pris de façon plus large, ce mot « trop » reviendra souvent dans les termes des autres pour le décrire.: il prend les choses trop à coeur, il s’implique trop, il est trop gentil, trop intense, trop passionné, etc… 

 

Une intense soif de sens

Pour un haut potentiel la recherche de sens est essentielle. Contrairement aux personnes qui ont la capacité de choisir un travail uniquement pour le salaire, pour les zèbres c’est souvent plus difficile et ils vont avoir besoin soit de trouver autrement un équilibre, soit de ressentir leurs valeurs dans le travail qu’ils exercent, de se sentir alignés avec le sens du métier choisi, de l’entreprise et de ses valeurs, ou du projet dans lequel ils vont s’impliquer.

Un esprit curieux, ouvert à la nouveauté, une grande créativité

La grande variété de connexions qui peuvent se faire entre différentes idées font des HPI des personnes curieuses (surtout lorsque le sujet leur plaît). Cela peut les amener à des connaissances très pointues dans un domaine ou parfois dans une multitude de domaines. Ils ont souvent des intérêts multiples et variés.

Cette rapide association d’idées leur donne aussi un esprit très créatif : capable d’envisager des solutions qui n’existent pas encore. Ils ont également le potentiel de créer des ponts nouveaux entre différents univers pour créer leur propre voie professionnelle sans suivre les chemins battus.

 

Alors comment sait-on que l'on est HPI ?

Deux voies sont possibles.

En prenant connaissance du sujet de façon poussée il est possible de se faire sa propre idée.

L’autre voie est celle du test officiel, réalisé auprès d’un(e) neuropsychologue initié(e) au sujet. Les tests officiels à l’heure où ce post est écrit ce sont le WISC-V pour les moins de 16 ans et le WAIS-IV pour les adultes au dessus de 16 ans. Il est essentiel de le faire auprès d’une personne avec qui vous vous sentez en confiance. Le test est normalement précédé d’un entretien personnel sur son histoire de vie afin que le(la) neuropsychologue puisse mieux vous connaître et tenir compte de ce qu’elle a perçu dans l’analyse de ses tests. Ensuite les tests eux-mêmes peuvent provoquer du stress et dans de mauvaises conditions (stress, perturbations extérieures…), ou lorsque la personne HPI cumule également une autre différence (un trouble « dys » ou un TDA-H par exemple) ils peuvent ne pas être pleinement révélateur ou nécessiter des tests complémentaires.

Il n’y a pas de voie bonne ou mauvaise. C’est à chacun de choisir en fonction de ses besoins, de ses objectifs, de ce que le test va lui apporter.

Et que se passe-t-il ensuite ?

Une fois l’information accueillie ou le test passé , il s’en suit également un chemin progressif d’intégration car c’est une nouvelle information importante qui modifie sa perspective sur soi et sur le monde environnant. Le Haut Potentiel ne définit pas une personne dans sa globalité, cela donne simplement de bonnes clés de compréhension pour une meilleure observation de ses comportements et de ses interactions en vue de devenir la personne et le professionnel que l’on souhaite devenir.

 

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